Une lettre oubliée

La fin du mois de juin — le moment de faire le bilan de l’année. Tout ce que l’on a fait et tout ce qui reste à faire. Les projets qui ont abouti et ceux qui sont en suspens, les problèmes que l’on a exterminés et ceux qui se sont échappés en ricanant, les centaines d’emails à envoyer, les textes que l’on a promis, les réunions urgentes à caser avec l’énergie du désespoir avant que survienne la pause estivale.

Et les courriers en retard !

Pendant longtemps j’ai mis un point d’honneur à répondre à tous mes courriers, que ce soit papier ou électrons. Mais je me suis résolu à couper mon vin : répondre à toutes les lettres est simplement trop fastidieux. Et le classement est un cauchemar, que ce soit pour les dizaines de milliers de messages accumulés dans ma boîte aux lettres électronique, ou les mètres linéaires de documents empilés sur mon bureau, sous mon bureau, à côté de mon bureau, dans le bureau voisin…

Rien de grave, rien d’original, direz-vous, c’est la vie, c’est ainsi ! N’empêche, il y a une non-réponse qui me restera en travers de la gorge — il s’agit d’une magnifique lettre, sous forme de carte postale, qui m’avait été envoyée il y a quelques mois par d’adorables écoliers… Or, s’il est impossible de répondre à tous, je suis toujours attentif à répondre aux enfants. (Comme le dit le Huitième Commandement de Leo Szilard: “Honore les enfants. Écoute leurs paroles avec révérence et parle leur avec un amour infini.”) Mais voilà : impossible de remettre la main sur la carte. La dernière fois que je l’ai aperçue, c’était aux États-Unis en avril, je l’avais emmenée dans le capharnaüm insondable de mon sac à dos pour rédiger au calme une belle réponse… Et puis, de calme il n’y eut guère, j’ai été pris dans un de ces tourbillons où vous partez en dérapage contrôlé (10 villes en deux semaines, East Coast, West Coast, Mississippi, East Coast again). Et cela me fend le coeur, mais la fameuse carte postale s’est bel et bien perdue dans.les montagnes de documents.

J’ai écumé les mètres de papiers et brouillons, fouillé plusieurs fois les profondeurs de mon sac, tout retourné… J’ai dû me rendre à l’évidence : impossible de remettre la main dessus avant les vacances scolaires.

Alors, si par miracle un lecteur de ce Blog connaît une classe qui m’a envoyé une jolie carte et a attendu une réponse qui n’est jamais venue, soyez gentil, transmettez que ce n’est vraiment pas par dédain, mais juste par maladresse, et que la carte m’a procuré tant de plaisir.

Aux amateurs de Franquin, cela rappellera à coup sûr un certain gag de Gaston Lagaffe…

Le courrier en retard... Posted in category: Uncategorized

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